Colloques et rencontres 2023

Colloque : Cinéma, état des lieux Ethique, esthétique, numérique

La situation du cinéma à l’échelle planétaire est à la fois unanime et partagée  face à une crise sans précédent dont l’un des aspects les plus saillants est la fermeture des salles. Depuis l’arrivée notamment du Web l’espoir que lui dessine outils et supports qu’est la numérisation lui ouvrent  pourtant de nouvelles perspectives quant aux possibilités d’une diffusion beaucoup plus élargie ; celle-ci ne va pas sans soulever des questions relatives à la place de l’éthique et de l’esthétique face à une économie du septième soumise désormais de manière  contraignante aux critères et aux choix de ce qui relève d’une logique de flux industriel où contenus et  formes d’écriture du film sont de plus en plus moins décisifs que ceux touchant gain et  vitesse dans l’exécution. Algorithmes et autres prototypes en règlent pour une large part le mode de fonctionnement, ses tenants et ses aboutissants. Spécialistes réunissant chercheurs, critiques et cinéastes auront à formuler leurs constats et analyses au sujet d’une situation où les rapports entre éthique, esthétique et numérique disent données, enjeux et paris d’une situation des plus complexes dans un champ à la fois artistique et divertissant où le lien subtile entre improvisation et construction devrait en principe se déployer, à chaque fois,  dans des œuvres ouvertes.

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TABLE RONDE : LE CINÉMA MAROCAIN D’AUJOURD’HUI: POSSIBILITÉS ET PARADOXES

La situation du cinéma marocain est problématique parce qu’on n’a pas l’impression que son développement ait une logique spécifique ni que son accumulation ait une finalité et un sens particuliers. En effet, d›un côté, il y a une vitalité tangible, des réalisations louables, une remarquable diversité de propositions esthétiques et intellectuelles, mais, d’un autre côté, on observe des écueils inacceptables, des confusions multiples et une indigence injustifiée.
Le cinéma marocain se balance ainsi entre des potentialités bien avérées et des paradoxes saisissants. Son principal problème se situe, de ce fait, à deux niveaux : le premier niveau à trait sa relation avec le public qui a le sentiment que ses attentes ne sont pas prises en compte; et le second niveau se manifeste dans le manque de reconnaissance claire de ce cinéma, en tant que composante de la culture savante ou populaire. Force est de reconnaître alors que tabler sur le quantitatif pour arriver, coûte que coûte, à des productions de qualité est une politique vouée à l’échec. Une pléthore de questions se posent donc.
Qu›est-ce que les créateurs de cinéma veulent dire au monde ? Sont-ils mus par un réel désir de livrer quelque chose d’original? Quelle est leur feuille de route pour faire prévaloir les valeurs de beauté, de liberté, d›amour et de questionnement positif? ? Comment le phénomène cinématographique pourrait-il se développer au Maroc, sachant que seules neuf de ses villes disposent de salles de cinéma ? Comment ce phénomène va-t-il évoluer face à l’invasion féroce des plateformes cinématographiques spécialisées ? Quelle est la part de responsabilité de la direction administrative dans la perpétuation de cette situation alarmante ? La politique de soutien des films (comme “service public”) permettrait-elle aux citoyens-contribuables d’avoir un véritable droit de regard sur ce qui se fait? Comment expliquer cette « bousculade-violence » qui a miné, en amont et en aval, la 22e édition du Festival national du film? Serait-ce un signe de vitalité et de dynamisme, ou une preuve d’étouffement et de sclérose? Au demeurant, on se demande comment les films marocains peuvent-ils se défendre, et comment défendre ce que produit le cinéma national.

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TABLE RONDE : Figures de Jean Luc Godard

À l’occasion de la nouvelle édition, une séquence-table ronde hommage intitulée : « Figures de J.L.G » sera consacrée au metteur en scène auteur dont les films et les propos ont réinventé et façonné la grammaire du langage cinéma. Chercheurs, critiques et cinéastes auront à dire le désir qui s’énonce à travers les gestes de décentrement remettant en question bien des frontières et des exclusions, conscientes ou non ; les gestes que sont  désormais les figures  du « paria »,  « déserteur », « perpétuel révolté » et «souverain » (Nicole Brenz) nommé J.L.G.  Parallèlement, une exposition photo-collage intitulée : « Résonances méditerranéennes», loin de prétendre vouloir restituer l’immense richesse du parcours, s’attèlera à « zoomer » sur quelques-unes des récurrences verbales et visuelles de l’auteur de Passion (1982) tel le couple nodal : Œil-Main conjuguant acte de vision et de tissage, d’enregistrement et de montage.

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