25 ème FCMT 2019

Télécharger le dossier

de présentation 2018

Télécharger

le programme 2018

Télécharger

le catalogue 2018

  • Jurys

    Jury Long-métrage

    Président

    Membres

    Pelin Esmer

    Réalisatrice

    Turquie

    Suzanne KOUAME

    Actrice, productrice et réalisatrice, Côte d’Ivoire

    Roberto Giacomo Pischiutta

    Compositeur musique de films

    Italie

    Jamal Souissi

    Producteur, réalisateur,

    Président de la chambre

    marocaine des producteurs de films, Maroc

    MYRIAM MEZIERES

    Actrice, scénariste, réalisatrice, France

    Président

    Membres

    JURY Critique "Mustapha MESNAOUI"

    Omar Belkhemmar

    Critique de cinéma

    Maroc

    Amina Barakat

    Journaliste et critique

    Maroc

    Mohamed Gallaoui

    Ecrivain et critique, Maroc

    Lamia Belkaied-Guiga

    Universitaire et responsable culturell - Tunisie

    Ahemd Shawky

    Critique de cinéma, programmateur , scénariste, Egypte

    Jury Documentaire

    Président

    Membres

    Mouley Driss Jaïdi

    Enseignant-chercheur et critique de cinéma, Maroc

    Rafia Oraïdi

    Productrice, Fondatrice et programmatrice Festival cinéma palestinien - Doha, Palestine

    Malek Bensmaïl

    Réalisateur, Algérie

    Khalid Ghorbal

    Réalisateur, Tunisie

    Rebecca DEPAS

    Co-directrice du Fidlab (FidMarseille), France

  • Compétitions

    compétition LONGS METRAGES

    1. Pause (Pafsi), Tonia Mishiali, Chypre, Grèce, 2018,96’

    2. Le jour où j’ai perdu mon ombre, Soudade Kaada, Syrie/Liban/ France/Qatar, 2018, 94’

    3. Sibel, Guillaume Giovanetti, Çağla Zencirci, France, Turquie, Luxembourg, Allemangne, 2018, 95’

    4. Les rapports sur Sara et Salim, Muayad Alayan, Palestine, 2018, 127’

    5. L’invité, Hadi Bajouri,Egypte, 2018, 99’

    6. Le serveur, Steve Krikris, Grèce 2018 ; 95’

    7. Nos batailles, Guillaume Senez, France – Belgique, 2018, 98’

    8. Sin Fin, César Esteban Alenda, José Esteban Alenda, Espagne, 2018, 96’

    9. Le vice de l’espoir, Edoardo De Angelis, Italie, 2018, 96’

    10.  Tournevis (Mafak), Bassam Jarbawi, Palestine, États-Unis, Qatar 2018 ; 108’

    11. Les 3 M histoire inachevée, Sâad Chraibi, Maroc, 2018, 120’

    12. Ultime révolte, Jilali Ferhati, Maroc, 2018, 94’

     

    compétition DOCUMENTAIRES

    1) Dérive de la trajectoire, Castiñeiras Gallego Iván, Espagne, 2018, 24’

    2)  Le char et l’olivier, une autre histoire de la Palestine, Roland Nurier, France, 2018, 92’

    3) Le silence des autres, Almudena Carracedo & Robert Bahar, Espagne - USA  , 2018, 95’

    4) L’islam de mon enfance, Nadia Zouaoui, Algérie - Canada, 2018, 87’

    5) Sacrifice, Eyad aljarod, Syrie, 2018, 96’

    6) Vous venez de loin, Amal Ramsis, Egypte - Liban - Espagne - Qatar, 2018, 84’

    7) Vostok N°20, Silveiro Elisabeth, France, 2018, 50’

    8) Nous ne vendrons pas notre avenir, Velissaropoulou Niki, Grèce, 2018, 52’

    9) Le moine volant , Boric Davor, Croatie, 2018, 50’

    10) Loin nous partons, Hammami Alaeddin - Muhammad Jbehi, Tunisie, 2018, 15’

    11) En comptant les carreaux , Choucair Cynthia, Liban, 2018, 87’

     

  • Coup de cœur

    Coup de cœur

    1- La bataille d’Alger, un film dans l’histoire,  Malek Bensmaïl, Algérie/France 2017 –137’

     

    2- Voyage autour de la chambre d’une mère, Celia Rico Celia Rico Clavellino, Espagne, 2018, 90’

     

    3- Roses empoisonnées, Ahmed Fawzi Saleh, Égypte / France / Qatar,  2018, 70’

     

    4- Regarde-moi, Néjib Belkadhi, Tunisie / France / Qatar, 2018, 96’

     

  • RÉTROSPECTIVE: Films marocains primés au FCMT

    1- La Mosquée, Daoud Oulad Seyed, 2010, 86’

    2- Les Cœurs brûlés, Ahmed El Maânouni, 2007, 84’

    3- House in the Fields, Tala Hadid, 2017, 86’

    4- Mémoire en détention, Jilal Ferhati, 2004, 94’

    5- Mort à vendre, Faouzi Bensaidi, 2011,  117’

    6- Le Temps des camarades, Mohamed Chrif Tribak, 2009,  97’

    7- Les oubliés de l’histoire, Hassan Benjelloune, 2010, 105’

     

     

  • Hommages

    Nelly Karim

    Actrice, Egypte

     

    Du ballet au cinéma, il n’y a qu’un pas

    Quand une actrice du poids de Faten Hamama tombe sous le charme d’une autre actrice en herbe, les dés sont jetés. En effet, la diva du cinéma égyptien n’a pas caché sa grande admiration pour la nouvelle star Nelly Karim, vedette de la série «Le visage de la lune». Forte de sa passion pour l’art et le ballet, en particulier, Nelly Karim est choisie par Faten Hamama pour jouer un rôle dans cette série qui va la révéler au grand public et la consacrer comme étoile montante du 7ème art égyptien et arabe. Et le Festival du Cinéma Méditerranéen de Tétouan s’enorgueillit d’accueillir, dans sa 25ème édition, ce « visage de la lune » qui illuminera le ciel de la Colombe Blanche

     

    Nelly Karim a commencé sa carrière artistique en tant que danseuse de ballet. Ce n’est pas étonnant, vu ses origines russes du côté maternel. Il faudrait rappeler, en l’occurrence, que c’est la Russie qui a tissé des liens forts entre le théâtre et le ballet ; preuve en est l’existence du Théâtre Bolchoï, grande scène de spectacles, de renommée mondiale.

     

    Nelly Karim n’a pas peiné à s’imposer comme grande actrice, au côté de Faten Hamama, qui l’a propulsée au-devant de la scène. La légèreté de son corps de danseuse, la grâce de sa présence imposante, la souplesse de ses mouvements, l’agilité de ses pas, le pouvoir magique de son regard l’ont aidée à se frayer facilement un chemin dans l’univers du cinéma et de la télévision. Nelly Karim est parvenue ainsi, et rapidement, à devenir une actrice adulée et respectée.

     

    Le cinéma est mouvement, le cinéma est invention. C’est un univers où l’art, la magie, la danse se marient pour le grand plaisir du spectateur. C’est ce que le réalisateur Khaled Youssef a essayé de montrer dans son film « Enta omry » (Tu es ma vie). Nelly Karim a donc eu la chance de trouver dans le cinéma un espace propice à l’éclosion de son talent et de ses dons artistiques. Et pour son rôle dans ce long métrage, Nelly Karim a remporté le prix de la meilleure actrice au Festival du Cinéma du Caire en 2006. Plus tard, en 2016, elle était présente au festival de Cannes, avec le film Choc de Mohamed Diab, dans la section Un certain regard. C’est elle, d’ailleurs, qui a persuadé ce dernier d’inclure une figure féminine dans les événements du film où elle a, finalement, incarné une figure révolutionnaire dans la tragédie égyptienne contemporaine.

     

    Nelly Karim est une actrice active : elle ne se contente pas seulement de jouer le rôle qu’elle veut ou qu’on lui confie, mais elle le remodèle et le retouche pendant le tournage, comme elle l’a avoué, à maintes reprises, dans des interviews. En 2016, elle brille, par sa présence, lors de la 69ème édition du Festival de Cannes.

     

    Elle a également joué pour Mohammed Diab, en 2010, dans son film «Les femmes du Bus 678», dans lequel elle a incarné le rôle d’une femme qui se bat pour sa dignité, et celle de toutes les femmes, en s’insurgeant contre toute forme de harcèlement. Grâce à ce film, elle a remporté le prix de la meilleure actrice au festival de Malmö en Suède et d’autres prix. Elle a remporté également le prix de la meilleure actrice au Festival National du Film du Caire pour «Un-Zero» et le prix du jury au Festival du Film Asie-Pacifique. Le prix de la meilleure actrice lui a été décerné, au Festival Arab Satellite Film, pour son rôle dans la série «Le prix le plus élevé». Le palmarès de Nelly Karim est riche et impressionnant : il y a 4 ans, elle a obtenu le « Prix d’excellence Faten Hamama » au Festival du Caire. On l’avait dit : les dés étaient jetés !

     

    Mokhles Sguillar

     

     

     

    Luis Miñarro

    Réalisateur, producteur et scénariste, Espagne

     

    Du Festival de Cannes au Festival de Tétoua

    Réalisateur, producteur et scénariste espagnol, Luís Miñarro i Albero est né à Barcelone en 1949.  Il a consacré un quart de siècle de sa vie au monde merveilleux du 7ème art. Il était principalement responsable d’Eddie Saeta, société de production audiovisuelle (1989-2015).

     

    Il a produit de nombreux films (généralement des films d’auteur) qui ont acquis une notoriété et une reconnaissance dans les principaux festivals internationaux. Depuis ses débuts, Miñarro a misé sur des jeunes réalisateurs ayant leurs propres idées sur le cinéma. Le résultat a été, par conséquent, positif tout au long de sa carrière de producteur.

    En 2018, il est retourné à la caméra pour diriger Love me not (Lola Dueñas y a participé), après avoir fermé sa célèbre société de production Eddie Saeta en 2015 par manque de soutien institutionnel.

     

    Ses principaux interprètes dans ce dernier travail sont : Ingrid García-Jonsson, Francesc Orella, Lola Dueñas, Óliver Laxe, Luis Alberti, Fausto Alzati, Hugo Catalán, Lu Colomina et Gabriel Ventura. «L’idée a surgi comme riposte à la brutalité d’Abou Ghraib pendant la guerre en Irak», explique le cinéaste, qui utilise ce scénario comme «une métaphore pour aller au fond des choses : la répression génère des monstres». Les grandes puissances peuvent se reconnaître dans cette histoire courageuse.

    Miñarro est l’un des producteurs les plus audacieux du cinéma espagnol. Actuellement, l’excellent producteur, réalisateur et scénariste catalan reçoit des hommages, en dehors de l’Espagne, où on continue à reconnaître sa longue carrière au cinéma, ses efforts et son énorme talent.

     

    Outre ce parcours artistique exceptionnel, le FCMT n’a pas hésité à désigner ce producteur distingué comme « Invité d’honneur » pour son énorme valeur cinématographique à tous les niveaux.

    Il a reçu de nombreux prix :

     la Palme d’or du Festival de Cannes pour L’oncle Boonmee se souvient de ses vies antérieures (2010);

    le globe de verre de Karlovy pour La mosquitera(2010);

    Prix du jury à San Sebastian pour Aita (2010) ;

    Le tigre du festival de Rotterdam pour Finisterre (2010).

     

    Luis Miñarro a déclaré à propos de cette année 2010 : « En 2010, j’ai assisté au meilleur moment de la société de production, avec quatre films primés et un cinquième, Le cas étrange d’Angélique de Manoel de Oliveira, inaugurant « Un certain regard » à Cannes, avant de mettre la clé sous le paillasson »

    Avec tristesse, le magnifique producteur espagnol évoque ce souvenir malheureux dans une interview : « Nous sommes dans un pays qui défend ses footballeurs mais ne semble pas intéressé par le rayonnement international de ses artistes ». Et Miñarro d’ajouter avec amertume : «Récemment, il semble même qu’il y a un certain intérêt à salir l’image de notre ‘collectif’, le cinématographique, très peu corporatif en soi ; on nous a tous mis dans le même sac »

     

    Le FCMT est très ravi d’accueillir ce grand représentant du cinéma espagnol et grande figure du 7ème art mondial.

     

    Mohamed Bouissef Rekab

     

     

    Mohamed Choubi

    Acteur, Maroc

     

    Artiste-citoyen

    Quand on rencontre l’artiste Mohamed Choubi, on est tout de suite frappé par son allégresse, sa gaîté et son amour effréné de la vie. Ce n’est pas étonnant, il est bel et bien le fils de la charmante ville de Marrakech, où il a grandi. Lorsqu’il est encore élève, et en présence de ses camarades, il prend plaisir à déclamer des poèmes de Moutanabbi, Maârri ou Abou Firass Hamadani. Vers la fin des années 1970, il fréquente la Maison de la Jeunesse, sise à Dar Bouâzza, et là, il découvre le sens du travail collectif et entame son parcours initiatique vers l’adoption d’idées progressistes et libératrices.

     

    Mohamed Choubi est un marocain authentique et dévoué, mais dans le domaine artistique, il n’est pas adepte de la « fidélité », en effet, il côtoie et épouse moult formes d’expression artistique. Et le théâtre représente, pour lui, un espace qui lui permet de sonder les mystères de son corps et de son âme, et aussi, d’insuffler la vie à de multiples personnages. Quant à sa relation avec la télévision, elle oscille entre amour et haine ; il estime que la télé réussit à porter aux nues des travaux médiocres et à rabaisser des œuvres de grande valeur esthétique, ce qui est préjudiciable à l’artiste, sauf dans de rares cas. C’est surtout avec le cinéma qu’il entretient des liens spirituels. Il ne cesse de regarder des films de différentes écoles cinématographiques, lui qui fréquente un club de cinéma; il apprend ainsi à les analyser, les critiquer et les évaluer.

     

    Il vit une première expérience exceptionnelle devant la caméra, dans le film «Soif» (réalisé par Saâd Chraribi) où il prend conscience du véritable sens d’un travail authentique et du degré de responsabilité au sein d’une équipe homogène. Viennent ensuite ses participations dans des films tels que : « La symphonie marocaine », «Chemin de femmes », « Mille mois », « Larmes de sable »…Choubi n’hésite pas à défendre à cor et à cri ses positions de citoyen responsable. Il s’implique activement, notamment à travers les réseaux sociaux, dans les débats qui défrayent la chronique et s’insurge avec force contre les discours des intégristes, des chauvinistes et des obscurantistes. Et cette effervescence est, selon lui, la preuve irréfutable de son attachement indéfectible à une citoyenneté qui ne se monnaye pas !

    Choubi recourt aussi à l’écriture qui aiguise son sens de l’observation et lui permet de tâter le pouls des mutations qui affectent la société et l’univers. Il se souvient que, plus jeune, il mettait sa plume au service de ses amis et camarades tourtereaux.

     

    Mohamed Choubi a la conviction profonde que le public marocain est intelligent et doté d’un sens artistique élevé; il ne demande aux créateurs que d’être honnêtes et de respecter leur art. Choubi avoue, qu’au moment de la création, il veille avant tout à être sincère avec lui-même et avec son travail; par la suite, le public en est conscient. Il évoque également le fait que le cinéma aide les sociétés à découvrir leurs maux et leurs dysfonctionnements, et permet aux jeunes de réfléchir de manière critique, de bouleverser les systèmes en place et de faire face aux idées prêt-à-porter.

     

    Mohammed Choubi est fier d’avoir collaboré avec le grand artiste Mohammed al-Bastawi qui l’a profondément influencé par le pouvoir de sa personnalité et de sa générosité. Il est aussi fasciné par le grand charisme de Muhammad Majd. Il rêve enfin de pouvoir incarner la personnalité de l’artiste plasticien Mohamed Gharbawi ou de l’écrivain Mohammed Khair Eddine parce qu’ils sont créateurs d’un modèle spécial et qu’ils appartiennent à un monde différent, un monde marginal qui n’a pas encore été mis en évidence.

     

    Si l’occasion est donnée à l’artiste Choubi de s’isoler, seul, sur une île lointaine, il remportera avec lui le film Il était une fois en Amérique et le roman Cent ans de solitude…

     

    Abdellatif El Bazi

     

     

  • Colloque: Quand le cinéma méditerranéen se conjugue au féminin

    Quand le cinéma méditerranéen se conjugue au féminin

    Modérateur

    Charafdine Majdouline

    Universitaire

    Maroc

    Brigitte Rollet

    spécialiste du cinéma et enseignante à Sciences-Po

    France

     

    Delia Guerra Parra

    Universitaire

    Espagne

    Ayten Multu Saray

    Cinéaste et anthropologue

    Suisse

     

    Moulim ELArouss

    Ecrivain et critique d’art, Maroc

    L’une des nombreuses missions que le cinéma s’est octroyées depuis sa naissance est de se faire l’écho des revendications sociales, économiques et politiques des spectateurs, parfois de manières explicites (films à thèses ou dit films engagés) ou de manières implicites (recours à des procédés de la rhétorique et aux techniques cinématographiques comme le montage par exemple).

     

    Plusieurs films, au Maroc et dans les autres pays arabes, furent interdits par le pouvoir politique (et religieux) mettant en danger non pas seulement la liberté d’expression, mais aussi les libertés de création et de conscience (nier aux citoyen le droit de prendre conscience d’un phénomène qui menace leurs libertés). Sous prétexte de protéger l’identité, le patrimoine (culturel, religieux, etc.) et la morale de la cité, des œuvres cinématographiques (des œuvres littéraires et artistiques aussi) sont interdites de circulation. Alors que, paradoxalement, les nouvelles technologies de communications (Internet, Facebook, Twiter, Watschap, etc) sont là pour leur permettre une large diffusion.

     

    La lutte pour l’égalité des droits entre les femmes et les hommes ne se réduit pas seulement à la parité au travail, aux salaires, aux promotions, etc. Elle devrait s’étendre pour toucher des domaines et des champs plus vastes et plus variés. Malheureusement, aujourd’hui encore, après des décennies de militantisme féministe, les droits des femmes continuent à être bafoués par les hommes « faiseurs des lois » et de « Règlements » souvent « discriminatoires ».

     

    Ainsi en est-il du 7ème Art, média pourtant populaire et mixte, mais qui n’échappe point à l’hégémonie de la gente masculine. En donnant moins de chance aux femmes qu’aux hommes, il continue à perpétuer les stéréotypes, voire à forger des modèles d’identités purement masculins. Les responsables du secteur (que des hommes !) suivent les pas du cinéma hollywoodien des années 50 et 60 où les grandes boites de productions fermaient leurs portes à toutes les femmes qui voulaient tenter leur chance dans la réalisation. Ce même traitement était réservé aux actrices qui se voyaient condamnées, malgré leurs grands talents, à toujours jouer dans les seconds rôles. Les meilleurs rôles et les grands cachets étaient réservés, bien évidemment, aux hommes, « superhéros ».

     

    Aujourd’hui encore, malgré des avancées considérables dans la lutte pour la parité des droits, les inégalités entre les femmes et les hommes au cinéma sont flagrantes. Les réalisatrices éprouvent toujours d’énormes difficultés à s’imposer dans ce milieu très masculin.

     

    Le cinéma méditerranéen, lui aussi, n’échappe pas à ces stéréotypes réducteurs qu’il continue sinon à forger, du moins à véhiculer. Même à Cannes, festival prestigieux, la situation n’est pas aussi réjouissante que cela peut paraître. En effet, à l’exception du « défilé » sur le Tapis rouge où les stars féminines se voient honorées (les actrices sont plutôt appréciées pour leur beauté et leurs tenues « sexy » plutôt que pour leurs exploits artistiques), les femmes-réalisatrices n’ont qu’une faible représentativité à la Sélection officielle. Cela ne date pas d’hier. Résultat désolant, à Cannes, les hommes montrent leurs films et les femmes (la plupart !) leurs corps.

    D’après une étude effectuée, à ce sujet, par AFP, 4 % des cinéastes-femmes, parmi 268 cinéastes- hommes, auraient reçu la Palme d’Or. Même constat pour les Femmes-Présidentes des jurys. En 71 ans, seulement 12 femmes ont eu cet honneur (AFP). Ces chiffres montrent à quel point le cinéma demeure un art exclusivement masculin.

     

    Il s’avère qu’il reste difficile pour une femme (réalisatrice ou actrice) de s’imposer dans ce milieu géré par les hommes, malgré les professions de foi des organismes officiels ou indépendants qui « font semblant » de remédier à cette situation absurde et dégradante pour l’image du cinéma, art précieux et très populaire.

     

    Au Maroc (mais aussi en Egypte, en Algérie, en Tunisie, etc.) la situation n’est guère meilleure. Sinon pire ! Le nombre de femmes-cinéastes pourrait se compter sur les doigts d’une seule main. Chaque année, à l’occasion du festival national, parmi la vingtaine de films sélectionnés en Compétition, un ou deux seulement sont réalisés par des femmes. Constat amère, les inégalités sont encore plus pernicieuses. Dans un très grand nombre de films marocains, nos réalisateurs n’offrent guère (sauf à de très rares) de rôles principaux aux femmes et quand c’est le cas, ces rôles sont moins profonds, moins élaborés. La plupart des représentations montrent des femmes faibles, pliant sous le joug d’une société machiste où l’homme a le droit de vie et de mort sur elles. Malheureusement, ce sont justement ces représentations qui suscitent l’intérêt du spectateur de la rive nord le poussant à construire des préjugés réducteurs des sociétés de la rive sud.

     

    Il est inadmissible que ces clichés sexistes persistent dans un art dont le rôle principal est de construire un imaginaire sain, débarrassé des stéréotypes qui nuisent au cinéma et à ses fans. Nous ne voulons plus de films réalisés par des hommes montrant des réalités blessantes pour les spectateurs de la rive sud de la Mare Nostrum, clichés où la femme maghrébine, par exemple, est souvent « femme de ménage » et l’européenne  la belle blonde « raciste » ou « compatissante ». Il est temps que le cinéma méditerranéen offre aux réalisatrices les mêmes opportunités qu’à leurs homologues hommes. Le cinéma n’a-t-il pas été, depuis sa création, un vecteur de changement ?

     

    A l’occasion de sa 25ème édition, le FCMT consacre le Colloque à la thématique « Quand le cinéma méditerranéen se conjugue au féminin », sujet qui suscite, actuellement, un intérêt accru chez les professionnelles du cinéma (réalisatrices, actrices, productrices, distributrices, critiques, etc.). Les intervenant(es)seront invités à répondre aux problématiques proposées ci-dessous :

     

    - Le cinéma est-il sexiste ?

    - Quelle place pour les femmes au cinéma dans les années à venir ?

    - Faudrait-il envisager des quotas (que ce soit pour les rôles ou pour le financement des films) dans le cinéma ?

    - Comment remédier à ces inégalités flagrantes entre femmes et hommes ?

    - Y a-t-il des stratégies et des propositions pour faire bouger les choses ?

    - Qu’en est-il du cinéma marocain au féminin ?

    - Le cinéma manque-t-il de femmes de talent ? Si non, comment expliquer donc un tel manque de reconnaissance ?

    - Quelles solutions pour mieux soutenir et diffuser le cinéma des réalisatrices méditerranéennes?

     

    Nourddine BEN DRISS

     

     

  • Table Ronde: La Cinéphilie en Méditerranée

    La Cinéphilie en Méditerranée

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Attirance et adoration sont les premiers symptômes de la cinéphilie qui peut vite se muer en addiction. S’ensuit une étape plus sereine pendant laquelle les cinéphiles se mettent à analyser les produits cinématographiques et à émettre des appréciations ; ils sont, par la suite, à l’affût des attentes et interactions suscitées par ces produits. Ces attentes et interactions, en cas de convergence, se transforment en socle commun des membres d’une société donnée.

     

    En général, les manifestations de la cinéphilie sont nombreuses. Il y a, par exemple, les interventions orales, qui naissent juste après le visionnement d’un film sur un forum, dans un festival ou un ciné-club (dans une grande ou une petite ville) : ce sont des opinions qui oscillent entre tentatives de partage ou de persuasion. Il y a, ensuite, les critiques écrites qui paraissent dans un magazine spécialisé ou un livre. Il est question, cette fois-ci, de discuter et d’analyser les choix intellectuels et esthétiques de l’œuvre cinématographique. Le cinéphile, en l’occurrence, s’attèle à scruter le discours cinématographique et le mouvement de la caméra et se concentre sur certains éléments, en fonction de sa sensibilité et de sa vision du monde, pour une reconstruction du sujet via de nouvelles connotations.

     

    La cinéphilie implique le choix et l’adoption de critères de discernement qui permettent de présenter et de reconnaître le cinéma comme une forme d’expression autonome ; elle est aussi le reflet des positions des uns et des autres vis-à-vis du 7ème art, notamment dans le tiers monde. En outre, la cinéphilie est censée contribuer à la création de liens intelligents et productifs entre le cinéma et la société et inciter les destinataires à se tourner vers le film pour déchiffrer son message et traduire son silence. Aussi le spectacle est-il l’une des portes d’accès de la société vers la modernité.

     

    D’un autre côté, le cinéphile joue le rôle de médiateur entre les productions cinématographiques et ceux supposées les avoir vues ou qui doivent les regarder. Et pour que cette médiation soit efficace et probante, il est censé avoir, auparavant, apprécié ce qu’il a vu et interagi avec ce qui lui a été présenté, pour essayer ensuite de transmettre ce plaisir à d’autres. De ce fait, sa tâche est d’essayer de surprendre son destinataire en l’incitant à déchiffrer, à sa manière, les codes du produit cinématographique. Contrairement aux approches formelles, foncièrement réductrices, la cinéphilie aspire à montrer que toute œuvre se prête à des lectures multiples. Enfin, elle entre en jeu à chaque fois qu’un festival est organisé : son but est d’encadrer, d’orienter et de mener vers les films choisis.

     

    Au demeurant, un véritable mouvement cinématographique ne serait envisageable sans cinémathèque. Le rôle de celle-ci est, en effet, de préserver les archives, de restaurer les films anciens et de protéger la mémoire d’un pays. Il faudrait aussi que des salles d’exposition spécialisées continuent à exister, que des maisons d’édition fassent leur travail et que des magazines spécialisés se multiplient.

     

    Finalement, au-delà de sa réflexion sur l’art, la cinéphile est un mode de vie.

     

    Dans cette table ronde, nous voulons aborder un éventail de questions :

    - Quels sont les changements que la cinéphilie a connus dans le monde et dans notre pays ?

    - Et comment les cinéphiles gèrent-t-ils l’abondance des films disponibles après avoir composé avec leur rareté dans le passé ?

    - Quels sont les impacts des réseaux sociaux, des chaînes spécialisées (Netflix), du piratage et des festivals de cinéma sur le mouvement cinéphile ?

    - Quelles sont les dimensions intellectuelles et politiques du mouvement cinéphile d’aujourd’hui ?

    - Faut-il considérer que la cinéphilie a désormais une dimension individuelle à cause de la disparition des salles de cinéma et de la diminution du nombre de spectateurs dans ces salles ?

    - L’amour du cinéma mène-t-il  nécessairement à des tentatives de produire des films ?

     

    Abdelatif El Bazi

    Modérateur

    Rachid Naïm

    Critique de cinéma, professeur universitaire, Maroc

    Abdelkrim Chiguer

    Enseignant-chercheur , Maroc

     

    Alain Masson

    Conférencier, critique, France

    Massimo Lechi

    Critique de cinéma et de théâtre, Italie

  • Conférence: La classification des œuvres cinématographiques en France

    La classification des œuvres  cinématographiques en France

     

    En France, une œuvre cinématographique ne peut être projetée en salles sans un visa délivré par le ministre chargé de la culture. Pour des motifs tirés de la protection de l’enfance et de la jeunesse ou du respect de la dignité humaine, ce visa ministériel peut être assorti de limitations, selon l’âge des spectateurs : douze ans, seize ans ou dix-huit ans. Il est délivré sur l’avis d’une commission de classification composée de représentants de l’administration, de professionnels du cinéma et d’experts médicaux. Quelles règles président aujourd’hui à la classification des films et quelles sont les restrictions susceptibles d’être apportées à leur exploitation ? Sur quels thèmes la commission exerce-t-elle sa vigilance : violence, sexualité, usage de drogues et de substances toxiques…? La protection de la jeunesse justifie-t-elle encore l’existence d’une police administrative du cinéma à une époque où tout est accessible sur le Net ? Existe-t-il une harmonisation des classifications européennes et internationales ?

     

    Yves Gounin

    Conseiller d’État

    France

    Il a travaillé dans la diplomatie française: premier conseiller à l’ambassade de France à Nairobi, conseiller juridique du président de la république du Sénégal, directeur adjoint du cabinet du ministre chargé des affaires européennes.

    Il est l’auteur de La France en Afrique (De Boeck, 2009)

    Depuis février 2018, il préside la Commission de classification des œuvres cinématographiques.

     

  • RENCONTRE: LE CINÉMA PALESTINIEN DANS TOUS SES ETATS

    Quand le cinéma méditerranéen se conjugue au féminin

    Modératrice

    Samia Labidi Hanafi

    Diplômée en Science Politique à la Sorbonne, et basée en Tunisie,

    programmatrice de cinéma et d’évènements culturels.

     

    Muayad Alayan

    Réalisateur, producteur, Palestine

     

    Yassine Adnane

    Ecrivain et poète,

    Maroc

    Dima Abu Ghosh

    Réalisatrice, productrice

    Palestine

     

    Ramzi Maqdissi

    Réalisateur, acteur, critique, Palestine

    A ses débuts, le cinéma palestinien est un cinéma à thèse qui a accompagné les premières manifestations de la lutte armée et a enregistré les étapes de la résistance ferme contre l’occupation. De nombreux militants s’en sont servis et il a toujours reflété la complexité et les enjeux de la cause palestinienne ; preuve en est la figure du martyr Hani Jaouharia,

    Le cinéma palestinien est un cinéma de résistance, un cinéma révolutionnaire et documentaire. Il a marqué notre imaginaire, notre langue et nos expressions, dont certaines sont devenues très usitées parmi nous : «Nous sommes tous martyrs», «La Palestine est dans l’esprit», «Nous n’oublierons pas la Diaspora»… Et nous avons appris avec ce cinéma que la signification du film est politique et militante, surtout que son apparition coïncide avec le mouvement de libération qui a vu le jour dans les années 1960/1970 dans plusieurs parties du monde : en Amérique latine, au Vietnam et en Afrique. L’objectif principal était de faire entendre « la voix de la Palestine » et de contrer les images concurrentes véhiculées par l’occupant agresseur. Par la suite, les pionniers du mouvement indépendant du cinéma tels que Michel Khalifi, Elia Suleiman, Hani Abou Asaad, May Masri, Ali Nassar et Rashid Masharawi ont commencé à se demander si le film palestinien avait aussi le droit d’ajouter à sa composition la dimension esthétique et de se pencher à la même occasion sur les destinées individuelles. Pour rappel, ce cinéma a présenté certaines images de l’ennemi israélien, de sa logique, de son sadisme et de ses tentatives de dissoudre les liens nationaux ; et ce, depuis le film fondateur «Noces en Galilée» au film «Rapports de Sarah et Salim».

    Le cinéma palestinien a réussi à créer ses propres vedettes (Mohammed Bakri, Hayam Abbas, Maysa Abdel Hadi, Elia Soliman …) et à s’inviter dans les plus grands festivals internationaux, sans perdre de vue sa mission de préserver l’identité nationale et de défendre la patrie. Dans certains de ses modèles, nouveaux et avancés, il cherche également à se débarrasser du joug de «l’amour cruel» auquel les Palestiniens se sentaient soumis et à prouver au monde entier que le peuple palestinien est un peuple comme les autres ; il est loyal, rejette toute forme d’humiliation et sauvegarde sa dignité, même s’il vit dans une patrie occupée ou dans un camp de réfugiés.

    Le cinéma palestinien est resté récemment sidéré devant les luttes intestines qui divisent les Palestiniens, dont certains sont désormais aveuglés et obsédés par l’obtention du Pouvoir.

    Par ailleurs, les personnes qui suivent de près l’actualité du cinéma palestinien sont attentives à ses défis esthétiques, issus d’une vision de soi créative. Cette vision qui va de pair avec ses positions intellectuelles et politiques est souvent sujet de controverse, quelles que soient les étiquettes choisies : « Cinéma de l’intérieur », « Cinéma de la Diaspora », « Cinéma des Arabes Israéliens »…

    Les films palestiniens présentés dans cette rubrique se distinguent par la variété des périodes historiques au cours desquelles ils ont été produits, et la diversité de leurs registres et positions. Il n’en demeure pas moins que le point commun à toutes ses productions reste la défense du droit d’un peuple à disposer de lui-même et à vivre dans la dignité sur sa terre spoliée, comme les autres peuples indépendants du globe.

     

    Abdellatif El Bazi

     

     

  • A L’ECOLE DU FESTIVAL

    Présentation :

    Depuis sa création, le FCMT s’est fixé comme objectifs l’ouverture sur les établissements scolaires, tous niveaux confondus (Primaire, Collège, Lycée et Supérieur). Il s’est engagé à accompagner le projet de la réforme de l’enseignement en tentant de sensibiliser les décideurs à l’importance du Cinéma comme outil pédagogique et didactique susceptible non seulement de décloisonner et de varier notre enseignement, mais surtout de participer à la formation de citoyens responsables, soucieux de développer leur pays, désireux de participer aux grands chantiers initiés par SM Mohamed VI et attachés aux valeurs universelles de  paix, de liberté et de tolérance.

    En effet, à chaque édition, le Festival, dans son souci d’initier le jeune public aux techniques du langage cinématographique et à la lecture de l’image filmique, consacre une large partie de sa programmation à des ateliers, des stages et des Masters class.

     

     

    Stages et ateliers

    A chaque édition, le Festival, dans son souci d’initier le jeune public aux techniques du langage cinématographique et à la lecture de l’image filmique, consacre une large partie de sa programmation à des ateliers, des stages et des Masters class animés par la philosophie du Festival. Ecoliers, élèves et étudiants sont encadrés par des professionnels du cinéma marocains et étrangers. L’objectif, entre autres, est d’apprendre aux jeunes une meilleurs appréhension de l’image cinématographique, les inciter à aimer le cinéma et à faire preuve d’imagination.

     

     Programme Projections-Enfants :

    • Projections-débats, projections pour enfants, Fabrication d’un film d’animation

    • Projections-débats

     

    Animateurs :

    Denis Glinne (Belgique) – Souad Oulad Tahar (Maroc)- Mohamed Chrif Tribak (Maroc)

    Etablissements cibles :

    Primaire -Collège - Lycée - Enseignants du Français,

     

     

    Programme ATELIERS :

    1- Ecoliers - Ecole Sidi Driss

    Atelier 1 :                     Fabrication Film d’Animation

     

    Etablissement cible:                         Ecole Sidi Driss

    Animation :                              Denis Glinne (Belgique)

    Public cible :              15 élèves de l’établissement

     

     

    2- Lycéens - Lycée Abou Bakr Essedik + Lycée Kadi Ayyad

    Atelier 2 : Ecriture scénario / Réalisation -

     

    Etablissement cible :              Lycée Abou Bakr Essedik

                   + Lycée Kadi Ayyad

    Animation :                                                      Mohamed Chrif Tribak

    Public cible :                                 Elèves Cinéclub de l’établissement

     

    Projections enfants

    1) Adama,  Simon Rouby (2015),85’/ DCP / Bluray (avec option ST arabe), 85’

    2) En sortant de l’école,  Paul Eluard  (2013) ,39’

    3) Girafada de Rani Massalha (2013), 100’, Bluray (STFR)

    4) Gus petit oiseau, grand voyage, Christian De Vita (2014) ,91’  Bluray / Téléchargement / DCP

    5) Ma maman est en Amérique, elle a rencontré Buffalo Bill,  Marc Boréal (2013), 75’, Bluray / DCP

    6) Les aventures de Spirou et Fantasio,  Alexandre Coffre, fiction 2018, 89’ dispo en bluray (option sous-titres arabes)

    7)  Ernest et Célestine,  Stéphane Aubier, Vincent Patar et Benjamin Renner,dispo en bluray (sous-titres arabes), 2012, 81’

    8) Le grand méchant Renard ,Benjamin Renner et Patrick Imbert , 2017, 80’ dispo en DCP

     

     

Festival  du Cinéma Méditerranéen de Tétouan

Immeuble de l’Institut National des Beaux-arts Cité scolaire, avenue Mohamed V

BP 10 – 93000 Tétouan / MAROC

Tél/Fax : +212 5 39 70 02 10